[CRITIQUE] Palestine 36, les bras du peuple.
- Hugo Lalloz

- il y a 22 heures
- 2 min de lecture

Réalisation : Annemarie Jacir
Scénario : Annemarie Jacir
Photographie : Hélène Louvart
Montage : Tania Reddin
Musique : Ben Frost
Acteurs Principaux : Karim Daoud Anaya, Jeremy Irons, Liam Cunningham, Yasmine Al Massri
Sortie : 14 Janvier 2026
Durée : 119 minutes
Genre : guerre, drame
Société de production : Philistine Film, BBC Film
Société de distribution : Haut et Court
Cette semaine, entre Furcy, né libre d’Abd Al Malik et Palestine 36, la question coloniale se tient enfin au centre du cinéma, non comme motif décoratif mais comme chair et peau de la représentation. Deux films, deux contextes, et pourtant un même squelette : tension subtile entre exigence pédagogique et densité historique, posture indispensable dans un monde où s’effacent les savoirs et les valeurs, et où l’obscurantisme flotte sur le présent comme un souffle sourd. Observer la grande révolte arabe de 1936 dans sa matière brute confère à Palestine 36, d’Annemarie Jacir, la stature d’un repère historique capable de résister à la trivialité des débats et aux simplifications du présent.
Mais Jacir ne se limite pas au document : là où Abd Al Malik instruit, elle donne au cinéma sa puissance d’« image active ». Des images qui respirent, qui portent et qui décident. Les armes apparaissent comme des prolongements vitaux des bras, et chaque geste devient corps et cœur de la résistance. Ancré dans les formes populaires et la logique du western, le film prolonge la continuité palestinienne sans céder au spectaculaire ni au discours explicatif. Ici, l’image ne se contente pas de montrer : elle palpite, elle pulse, elle se fait mémoire incarnée, geste vivant oscillant entre responsabilité morale et puissance narrative.
Le cinéma contemporain a trop souvent réduit la Palestine à la voix d’individus – comme récemment avec La Voix d’Hind Rajab - confinant la cause à sensation éreintante ou réaction épidermique. Jacir, elle, fait (ré)exister un peuple par le corps même de ses images. La révolte devient matrice narrative, fresque chorale où la résistance bat dans chaque muscle, dans chaque bras, dans chaque cœur. Dans une séquence digne des westerns, quelques guerriers arrêtent un train pour en dépouiller les passagers. Mais le geste n’est pas glorification individuelle : il est le prolongement de tout un peuple. Celui qui porte l’arme n’est pas un héros isolé, et celui qui survit n’est pas secondaire : les bras, le cœur, la chair et le souffle du peuple forment un seul corps, où agir et vivre se confondent. La résistance armée se fait pulsation vitale, nécessité historique, et non mythe héroïque et ainsi Palestine 36 réinscrit l’histoire palestinienne dans le visible, dans la chair de la mémoire, dans les muscles d’un peuple qui bat et respire, lutte et vit, et dont chaque geste fait corps avec la résistance.




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