[CRITIQUE] Voleuses : Elles passent et elles cassent
- Joe
- 1 nov. 2023
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 août 2024

Réalisation : Mélanie Laurent
Scénario : Cédric Anger, Christophe Deslandes
Actrices Principales : Adèle Exarchopoulos, Mélanie Laurent, Manon Bresch
Sortie : 1er novembre 2023
Durée : 1h54
Genre : Comédie, Action
Société de production : Gaumont
Société de distribution : Netflix
Un an après Falcon Lake (Charlotte Lebon), c’est au tour de Mélanie Laurent et son scénariste attitré Christophe Deslandes de chapeauter en compagnie de Cédric Anger (L’Amour est une fête) une nouvelle adaptation cinématographique du sulfureux Bastien Vivès. Produit par Gaumont et distribué sur Netflix, nous revenons aujourd'hui sur Voleuses disponible depuis ce matin
Synopsis :
Carole (Mélanie Laurent) et Alex (Adèle Exarchopoulos) sont deux voleuses de génie, et meilleures amies depuis toujours. Expertes, redoutables et séduisantes, rien ne leur résiste. Sous la coupe de Marraine (Isabelle Adjani) depuis des années, elles rêvent d'être libres. Elles acceptent de réaliser un dernier casse et font appel à l'impétueuse Sam (Manon Bresch) pour les aider. Elles ne se doutaient pas que cette mission serait très différente de ce qu’elles attendaient.
Critique :
Du cinéma sur les plateformes ?
La première chose qui nous frappe au visionnage est la parfaite gestion du budget. Voleuses est un Blockbuster mettant à l'amende beaucoup de productions américaines du tant décrié “N rouge” mais arrive-t-il à dépasser ce statut et à nous offrir plus qu’un simple divertissement ? Si parler des influences Bayiennes semble être un béaba aux vues des massives explosions (drones, quads, bâtiments et objet en tous genres) ponctuant les aventures de nos protagonistes, le dernier film de Mélanie Laurent reste intéressant du point de vue des références opposées qu’elle fait se rencontrer dans un métrage si particulier sur sa gestion de l’action.
Que cela soit l’épatante Isabelle Adjani en imposante et absurde Marraine ou les deux seconds couteaux masculins (Philippe Katerine et Félix Moati), tous semblent tout droit sorti d’une œuvre cinématographique de Winshluss (Hunted) et incarne la médium “bande-dessiné” d’où provient le projet initial. Des personnages qui, comme ceux de l'œuvre originale, divertissent le spectatorat en habitant des cases/plans fixes ou ne servant qu’à habiller simplement leurs maigres déplacements. Un médium d’origine qui entre donc en opposition avec la dimension cinématographique de son trio actrice évoluant dans un monde en trois dimensions qu’elles parcourent à toute vitesse, faisant exploser toutes les embûches qui se dressent sur leurs passages.

La Marraine Adjani n’a rien à envier au Parrain Brando
“Silence, Moteur, ça tourne…” Action ??
Malheureusement tout ne pouvait pas être si beau et Voleuses souffre de la mise en scène de ses séquences qui voit s’affronter les volontés de Mélanie Laurent et Audrey Simonaud. Toutes semblent réfléchies plans par plans et non vis-à-vis du mouvement. Question montage, nous faisons face à du jamais vu : tous les écrits d’André Bazin y sont bafoués pour le meilleur et pour le pire. Les deux femmes enfantent donc d’un film tantôt plus expérimental que voulu tantôt se crashant violemment dans le décor.

Déjouer les clichés romantiques pour les rendre ridicule
Souffrant d’un scénario fragile de la Netflixisation lui ajoutant un épilogue qui perdra ceux qui n’ont pas lu les deux tomes de Vivès, Voleuses apporte néanmoins un rafraîchissant vent de nouveautés sur les e-catalogues tricolores.
La note du rédacteur : 3.5/5
L'avis des autres rédacteurs :
Comentários